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La Provence - Dimanche 15 octobre 2017

On n'imagine pas visiter les États-Unis sans passer par New York, Los Angeles et San Francisco la fois d'après, éventuellement Miami, Washington et Chicago. Et si quelqu'un se vante d'avoir visité Atlanta, c'est probablement parce qu'il a raté une correspondance.

Mais Pittsburgh, jamais. Pourquoi faire ? À plusieurs reprises, dans la rue, des Pittsburghers, eux-mêmes, interpellés par un accent pas vraiment du coin, s'étonneront de notre présence. Et de demander si les récentes déclarations de Donald Trump, élu pour "représenter les habitants de Pittsburgh et pas ceux de Paris", étaient à l'origine de notre venue. Des propos lancés à l'heure de dénoncer les accords sur le climat de la Cop 21 qui avaient soulevé un vent de protestation ici, dans la deuxième de Pennsylvanie. Car loin d'un "pays de bouseux", cette ville de 300 000 habitants, coincée à mi-chemin entre New York et Chicago est passée de capitale de l'industrie lourde au XXe siècle à celui de ville cool et verte, sur le point de concurrencer la Silicon Valley. À l'inverse de Detroit, au nord-ouest et des autres villes de la Rust-belt, frappées de plein fouet par la désindustrialisation dans les années 70, Pittsburgh a su remonter la pente. Exit la production d'acier qui lui avait valu l'essentiel de sa croissance depuis le XIXe siècle, ses 465 ponts métalliques, son surnom de "steel city" et une pollution record. Place aux nouvelles technologies. "On a su se diversifier, jusqu'à devenir un modèle pour Detroit ou Cleveland. On était dans les 10 plus grandes villes du pays, désormais nous sommes dans les 25, mais ça grandit, on préserve les choses, au lieu de tout raser pour reconstruire", explique Andrew Masich, le directeur du Musée Heinz - Eh oui, le fameux ketchup est né à Pittsburgh. Ici, l'Histoire est partout, une histoire forcément jeune et souvent industrielle, mais omniprésente. Des vestiges du fort Duquesne, bâti en 1754 au confluent des deux rivières qui forment l'Ohio et où les Français repoussèrent nombre d'assauts britanniques, aux immenses sites industriels réhabilités du début du siècle dernier. En passant par le funiculaire du mont Washington, quasiment inchangé depuis 1877 ou encore le bar clandestin du gigantesque hôtel William-Penn.

Mais depuis quelques années, c'est une autre histoire qui s'écrit à Pittsburgh, avec des 0 et des 1. Apple, Facebook, Google et plus récemment Uber ont installé des bureaux ici, à la faveur d'universités de renom, notamment en matière d'intelligence artificielle, et surtout d'une vie beaucoup moins chère qu'à New York ou San Francisco. Une tendance qui a considérablement rajeuni et changé la ville, plus "hype" que jamais. Des start-up, des hôtels originaux, comme le A.C.E installé dans un ancien YMCA, d'improbables boutiques installées dans d'anciens quartiers industriels et une concentration de restaurants et de chefs renommés à la hauteur de l'histoire culinaire de la ville. Et dans les rues, ces véhicules noirs surmontées d'un étrange appareil. Des voitures sans chauffeur, que Uber expérimente ici depuis plus d'un an.
Albert Lugassy
Source : La Provence

 

 
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